Australie : 4 dangers menacent la Grande Barrière de corail

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981, le site du nord-est de la côte australienne a perdu la moitié de ses coraux en trente ans et continue dangereusement de se dégrader. Ce chef-d’oeuvre abrite des milliers de poissons, mollusques et coraux, tous menacés de disparition. Pour quelles raisons ?

 

  • La qualité de l’eau est détériorée par l’activité portuaire

Pendant des années, les déchets de dragage ont été déversés dans le parc marin où se trouve le site, pratique courante lors des opérations d’élargissement des chenaux, mouillages et marinas.

Ces derniers sont énormément sollicités : 10 000 navires ont emprunté la route de la Grande Barrière entre 2012 et 2013 selon l’autorité chargée de la gestion du site, la GBRMPA. Le nombre de passages devrait même augmenter de 250% en 20 ans. Pourquoi un tel dynamisme ? C’est sans doute grâce aux richesses naturelles présentes sur ce territoire. L’Etat du Queensland exploite du charbon, du minerai de fer, du gaz naturel ou encore de l’uranium. Des ressources qui sont exportées en masse par la mer. Le dragage permet alors aux cargos géants d’atteindre sans difficulté les ports australiens. Sauf que cette profonde modification du paysage marin n’est pas sans conséquence. Les déchets déversés abîment la Grande Barrière de corail qui longe la côte sur 2 300 kilomètres.

En janvier 2015, le ministre de l’Environnement australien, Greg Hunt, a demandé à ce que soient stoppés “une fois pour toutes” ces déversements de déchets. L’Autorité du parc de la Grande Barrière de corail s’est chargée d’élaborer des règles pour y mettre fin. L’urgence était réelle, car ces déchets rejetés dans l’eau asphyxient les algues et coraux du site. Malheureusement, le mal était bien avancé…

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  • Le rejet de pesticides par l’agriculture pollue l’océan 

L’agriculture locale, par la déforestation côtière et l’usage intensif de pesticides, est aussi responsable. L’Etat du Queensland possède des hectares de culture dédiés à la production de banane, de canne à sucre, de papaye ou encore d’ananas. Conséquence : des concentrations importantes de pesticides sont détectées jusqu’à 60 kilomètres à l’intérieur de la barrière de corail, d’après le WWF.

 

Signe encourageant : les rejets de pesticides dans l’océan Pacifique étaient en recul entre 2009 et juin 2013. Les autorités australiennes ont réalisé une étude qui signale que l’écoulement de pesticides a été réduit de 28% sur tout le récif. Les rejets de nitrates ont quant à eux diminué de 16%.

 

  • La menace d’une étoile de mer invasive qui se nourrit de corail

Aussi appelée acanthaster ou “couronne d’épines”, elle serait responsable de 42% du récif corallien disparu. Elle se nourrit des polypes du corail. Elle est considérée par les océanographes australiens de l’AIMS, un centre de recherche, comme l’ennemi numéro 1 de la Grande Barrière de corail. En effet, une seule étoile de mer peut détruire jusqu’à 6 m² de corail par an. 

En 2013, les autorités ont décidé de prendre une série de mesures pour limiter sa propagation. C’est nécessaire car la prolifération de cette étoile de mer redoutable s’explique notamment par les apports de nutriments venus du large au gré des courants ou bien de la pollution des eaux côtières, comme par les engrais agricoles…

 

Pour éradiquer cette espèce invasive, tous les moyens sont bons : récemment, on évoquait le vinaigre miracle, ou encore une bactérie.

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  • Les dangereux phénomènes météorologiques

En plus des activités humaines, les phénomènes climatiques extrêmes, caractéristiques de l’Australie, impactent la Grande Barrière de corail.

  1. Les ouragans, les tempêtes et les vents violents sont responsables de 48% des dégâts qui touchent le site selon le centre de recherche de l’AIMS.
  2. L’océan Pacifique fait aussi face à un autre problème : l’augmentation de la température de l’eau liée au réchauffement climatique. Ainsi, l’eau chaude détruit l’algue symbiotique indispensable à la survie du corail. Privé des nutriments qu’il contient, celui-ci perd sa couleur vive et finit par devenir blanc, signe d’une fin de vie imminente.

 

Conclusion

 

Le gouvernement australien est persuadé que la nature est la principale fautive, et que l’activité humaine n’a qu’une responsabilité mineure dans la dramatique dégradation de ce joyau naturel du patrimoine mondial. Par conséquent, les autorités tranchent souvent en faveur d’intérêts économiques plutôt que pour la protection des récifs coralliens.

 

Pourtant, l’activité économique en plein boom a réellement un impact sur le réchauffement climatique et donc pèse sur la préservation des richesses des océans. La menace de l’Unesco en 2015 d’inscrire le site parmi les patrimoines en péril a semble-t-il commencé à faire réagir.

 

Source : http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pourquoi-la-grande-barriere-de-corail-pourrait-mourir_811629.html

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